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Millennials

Le rôle de la confiance

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Confirment le propos de Sheryl Sandberg un nombre croissant d’études, qui ont attribué l’écart entre les sexes dans le marché du travail à des facteurs psychologiques, en soulignant particulièrement le rôle de la confiance[1]. Dès leur plus jeune âge, les femmes semblent moins confiantes que les hommes. Cet écart de confiance a joué un rôle clé dans l’explication des différences de réussite scolaire, de choix professionnels et de progression de carrière.

Ce manque de confiance peut être résumé par un phénomène appelé “syndrome de l’imposteur”. Les femmes ont tendance à sous-estimer leurs capacités, à considérer que leur réussite est liée à des facteurs externes plutôt qu’à des facteurs intrinsèques, et à se convaincre qu’elles ne sont pas légitimes à briguer des postes haut placés. Dans l’expérience “Competency-Based Student Self-Assessment on a Rotation Surgery” menée par Scott Lind en 2002, dans un panel d’étudiant en chirurgies priés d’évaluer leur performance, les femmes se sont attribuées des scores moins élevés que les hommes, alors qu’en réalité les performances réalisées par les femmes étaient meilleures. Ceci témoigne donc de la tendance qu’ont les femmes à sans cesse se sous-évaluer.

Selon un article de la Harvard Business Review (2014), les hommes postulent pour un emploi lorsqu’ils ne répondent qu’à 60% des qualifications que celui-ci requiert, alors que les femmes ne postulent que si elles répondent à 100% d’entre elles.

Forbes, en reprenant l’étude, affirme en effet que : « Les hommes sont confiants quant à leurs capacités à 60%, mais les femmes ne se sentent pas confiantes que si elles cochent chaque élément de la liste ».

Les principales raisons (dans 78% des cas) que les femmes ont données pour ne pas postuler pour un emploi sont liées à leur « incapacité » à répondre aux critères définis par le poste ou choisis par l’entreprise (soit en la justifiant comme un manque de temps et d’énergie, soit en disant que les ressources humaines avaient clairement explicité le profil qu’ils cherchaient, soit parce qu’elles ne voulaient pas se mettre en condition de ne pas réussir).

Or, il semble être logique que les femmes prennent les qualifications professionnelles écrites plus au sérieux que les hommes, pour plusieurs raisons.

Premièrement, il est probable qu’en raison de biais qui existent dans certains milieux de travail, les femmes doivent satisfaire plus de qualifications que leurs homologues masculins. Par exemple, un rapport de McKinsey a révélé que les hommes sont souvent embauchés ou promus en fonction de leur potentiel, alors que les femmes pour leur expérience et leurs antécédents. Si les femmes vivent cela dans leur lieu de travail, il est logique qu’elles seraient moins susceptibles de postuler à un emploi pour lequel elles ne possédaient pas les qualifications.

Deuxièmement, les filles, à l’école, sont très diligentes et suivent les règles et sont souvent récompensées pour ça. En partie, le plus grand succès des filles à l’école (par rapport aux garçons) peut sans doute être attribué à leur assiduité dans le respect des consignes. Cependant, après, dans leur carrière, cette habitude de suivre des règles a des coûts, puisque le milieu professionnel a plus tendance à récompenser la flexibilité.

Sur la même longueur d’onde, Samek (2015) utilise des données sur les diplômés des collèges pour montrer que les femmes sont moins susceptibles de postuler à des emplois avec des systèmes de rémunération compétitifs. Cela explique leur fréquente prise de distance de carrières bien rémunérées, comme celles de la finance, traditionnellement dominée par les hommes.

Niederle et Vesterlund (2007) démontrent dans une expérience de laboratoire que la confiance est un facteur déterminant dans les choix professionnels des femmes. Ils conduisent une expérience dans laquelle les hommes et les femmes choisissent de participer à une tâche avec un salaire de tournoi (compétitif) ou à la pièce (non compétitif), ils constatent que les femmes sont beaucoup moins susceptibles de choisir le tournoi que les hommes. Les hommes sont trop confiants, choisissant le tournoi plus qu’ils ne le devraient, tandis que les femmes sont moins confiantes, choisissant moins souvent le tournoi qu’elles ne le devraient.

Coffman (2014) constate que même les femmes hésitent à partager leurs idées avec leurs collègues. Elle constate que les femmes ne donnent pas leur contribution lorsque les tâches sont stéréotypées en tant que « tâches pour hommes » (par exemple, les mathématiques et la science), même quand elles savent qu’elles maîtrisent le sujet. De la même façon, les hommes sont moins susceptibles d’apporter leurs idées lorsque les tâches sont considérées être « pour femmes ».

@manu_scogna10

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